Journées des 27 & 28 janvier 2011

A la suite du travail engagé lors des journées de Mai 2010 avec Jean-Louis Comolli, réalisateur, scénariste et écrivain, il s’agira tout d’abord de s’interroger avec d’autres chercheurs spécialisés dans l’analyse de l’image, sur la possibilité de construire des positions particulières de spectateurs (avec les possibilités et les contraintes qui lui sont associées ) : celle d’un chercheur, travaillant sur une problématique d’étude, qui cherche à voir certaines formes et en inférer des significations liées à cette problématique ; celle d’un chercheur-concepteur de ressources fondées sur l’analyse préalable des vidéos et qui donc change de type de position de spectateur ; enfin celle d’un professionnel qui utilise ces vidéos pour se former.

Plusieurs questions émergent dans le cas de l’analyse du chercheur : ce dernier est encore très souvent celui qui produit les enregistrements et a donc fait des choix de cadrage, de prise de son qu’il n’est pas censé ignorer. Mais il peut aussi se trouver confronter à des films qu’il n’a pas enregistrés : par exemple lorsque des enregistrements sont faits dans plusieurs classes par une équipe où chaque membre ne peut aller que dans quelques classes mais aussi lorsque les  informations sur les conditions de tournage ne sont accessibles que par le biais d’une fiche d’indexation, comme dans le cas de la mise à disposition par la base de données ViSA. La distance entre le chercheur et la réalisation du film peut être donc être très variable et on peut imaginer que chaque cas puisse se positionner dans un continuum entre 2 cas limites (tournage complet – corpus totalement étranger). Qu’est-ce qui spécifierait la position du spectateur chercheur par rapport à la position plus classique d’un spectateur d’un film de fiction ou documentaire ? Est-ce que cette position va dépendre de la distance à l’enregistrement des films évoqué ci-dessus ? Quelles sont les conditions et quelle est la démarche à mettre en place pour apprendre à voir de telles données filmiques dans une perspective de recherche ?

Le cas de la production de ressources à partir d’enregistrements vidéo et de résultats issus de  la recherche est encore assez peu étudié dans le monde francophone. Des chercheurs s’y intéressent cependant depuis quelques années (Leblanc, Saury, Sève, Durand, Theureau, 2001 ; Tiberghien, Vince, Gaidioz, 2009) A partir d’exemples de dispositifs créés par des chercheurs pour la formation (plateforme internet et DVD), il s’agira de s’interroger sur le changement de position du chercheur quand il passe de l’analyse des vidéos à la conception de ressources. Quelles sont les spécificités et contraintes liées à cette autre position de spectateur ? Ce questionnement sera fait en prenant en compte les spécificités de la position d’un autre type de spectateur, l’enseignant ou le formateur utilisateurs de ces ressources. On partira notamment de données sur la réception de ces ressources par des enseignants qui les mettent en jeu dans leur activité.

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